Les actualités du foncier économique

La disponibilité foncière est depuis plus d’une dizaine d’années une des principales problématiques pour l’accueil des entreprises à La Réunion. En 2008, l’observatoire du foncier économique de l’AGORAH avait exposé un chiffre alertant avec moins de 5% de parcelles disponibles pour l’accueil de nouvelles entreprises sur l’ensemble de La Réunion. En 2011, date d’approbation du SAR, un potentiel de foncier à vocation économique disponible dans les PLU de 400 hectares avait été retenu et devait ainsi contribuer à diminuer la tension foncière.

 

7 ans après l’approbation du SAR, qu’en est-il de cette surface disponible dans les PLU ?

 

L’objectif de l’analyse proposée par l’AGORAH est d’évaluer la consommation sur ces 7 dernières années et de localiser les gisements les plus importants qui façonneront le développement économique du territoire sur les 10 prochaines années.

De manière globale, on s’aperçoit, en cohérence avec un besoin important en foncier à vocation économique, d’une forte consommation du potentiel de 400 hectares identifié en 2011. En 7 ans ce sont ainsi plus de 220 hectares qui ont été soustraits à cette surface de départ, soit 31 hectares par an sur la période. Cette surface consommée a ainsi servi principalement à l’aménagement d’espaces économiques supplémentaires, bien qu’une part minoritaire ait été déviée de sa vocation initiale au profit d’autres types d’aménagements (résidentielle et commerciale).

Concernant le foncier disponible restant, on observe une répartition inégale sur le territoire. À l’échelle des EPCI, c’est le Territoire de la Côte Ouest (TCO) qui dispose, en 2018, du gisement le plus important. À lui seul, le TCO concentre ainsi 31% du foncier à vocation économique disponible dans les PLU, soit environ 52 hectares. On remarque d’ailleurs que ce sont les communes de Saint-Paul et du Port qui portent la grande majorité de ce potentiel. Vient ensuite la CINOR qui dispose de 25% du foncier disponible, soit 48 hectares. La commune de Sainte-Marie bénéficie en ce sens de la plus grande part de foncier à vocation économique disponible à l’échelle de La Réunion. À elle seule, la commune dispose ainsi de 44 hectares. Viennent ensuite la CIREST (18%), la CIVIS et la CASUD (13%).

Finalement, à eux deux, le TCO et la CINOR concentrent près de 60% du gisement de foncier disponible à l’échelle de l’île.

 

foncierecoRépartition du foncier à vocation économique disponible dans les PLU de La Réunion selon l’EPCI

Selon les prévisions établies par le SAR, les 400 hectares disponibles dans les PLU ajoutés aux 500 hectares d’extensions autorisés par le document réglementaire devait permettre de satisfaire aux besoins jusqu’à l’horizon 2030. Néanmoins, si la consommation annuelle du potentiel disponible dans les PLU reste stable, celui-ci devrait être totalement consommé en un peu moins de 6 années, ce qui nous ramène à 2025. Aussi, au-delà de la nécessité de proposer du foncier supplémentaire pour l’implantation des entreprises, il s’agira sûrement de porter une attention particulière à une meilleure optimisation des ZAE existantes afin de ne pas retomber vers une pénurie de foncier comme connu en 2008 et permettre d’accompagner l’économie réunionnaise dans de bonnes conditions.

Pour en savoir plus téléchargez les atlas du foncier économique de l’AGORAH :

 

 

Vincent SAMINADIN

Chargé d'études Urbanisme Économique & Commercial

Formé à l’aménagement à l’Université de La Réunion, il se spécialise actuellement à l’AGORAH sur les questions d’urbanisme économique et commercial.
En charge de l’Observatoire des Zones d’Activités Economiques, désormais élargi en Observatoire du Foncier Economique, ce chargé d’études junior au profil généraliste est initialement formé à l’aménagement et au développement durable. Ses premières expériences professionnelles lui confèrent des qualités rédactionnelles et de synthèse essentielles à la production d’études prospectives et stratégiques concernant les analyses territoriales. Sensible à la sociologie urbaine et aux approches culturelles des projets, il a vocation à investir ces thématiques dans le cadre de l’évolution de l’AGORAH.

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