Observatoire des mobilités et de l’intermodalité


Au cœur de tous les grands projets de territoire, les mobilités connaissent depuis plusieurs années, un fort engouement à La Réunion. Ces projets participent à insuffler un nouvel élan et une nouvelle dynamique globale pour La Réunion de demain. Ainsi de nouvelles volontés de développement des modes doux ou guidés, ou encore le développement du transport par câble émergent, et visent à freiner l’accroissement constant de l’usage de la voiture individuelle pour faciliter ainsi la mobilité des Réunionnais.

Afin de pouvoir mesurer, quantifier et qualifier au mieux les déplacements de demain, l’AGORAH s’est vu confier en 2016 par ses partenaires, la reprise et le pilotage de l’Observatoire des Transports et des Déplacements, devenu aujourd’hui l’Observatoire des Mobilités Durables et de l’Intermodalité.

Contexte réglementaire

Le Schéma d’Aménagement Régional (SAR) de 2011 pose les grandes orientations en matière d’aménagement du territoire pour les vingt années à venir. Le document fixe les objectifs à atteindre en matière de mobilité et il s’agit notamment de proposer des projets afin de :

  • Maîtriser le développement de la circulation
  • Eviter la paralysie totale des principaux axes routiers
  • Offrir une solution pour un transport public efficace
  • Organiser une mobilité plus facile pour tous
  • Limiter les effets négatifs sur la qualité de l’air

Plusieurs principes relatifs au développement des mobilités sont inscrits dans le SAR mais également dans le Schéma Régional des Infrastructures et des Transports (SRIT) et seront intégrés prochainement dans la Planification Régionale de l’Intermodalité (PRI).  Ainsi il s’agit d’œuvrer pour développer :

  • Une sécurité maximum dans tous les transports
  • Une complémentarité avec tous les modes de transports
  • Un réseau maillé aux réseaux urbains et interurbains
  • Des horaires en adéquation avec les besoins de déplacement
  • Une fréquence élevée
  • Une garantie de confort optimal applicable à tous les modes de transport
  • Des économies majeures en matière d’énergies et la prise en compte du transport de marchandise

Dès lors, il s’agit pour l’observatoire d’intégrer ce cadre règlementaire dans ses différentes missions, afin de s’inscrire dans la continuité de ces documents majeurs de planification et d’en observer la traduction sur notre territoire.

Véritable outil d’aide à la décision, l’Observatoire des Mobilités Durables et de l’Intermodalité a pour objectif d’analyser et de planifier les déplacements à La Réunion. Les principaux objectifs de cet observatoire seront de :

  • Connaitre de manière précise les principales caractéristiques des mobilités et de l’intermodalité à La Réunion
  • Suivre les évolutions des comportements en matière de déplacements via la récolte, le traitement et l’analyse de données
  • Analyser la bonne prise en compte des objectifs prescrits dans le SRIT sur le territoire
  • Adopter une vision qualitative des mobilités et de l’intermodalité et ceux de la Planification Régionale de l’Intermodalité

Le développement des futurs projets d’envergure sur le territoire auront pour conséquence d’entrainer de réels changements dans la vie quotidienne des réunionnais, avec une fluidification du trafic routier, une réduction des temps de trajets pendulaires mais également un affranchissement des inégalités territoriales et des distances tout en œuvrant pour un développement équilibré du territoire.

Ainsi l’Observatoire des Mobilités Durables et de l’Intermodalité pourra permettre d’avoir une vision objective et globale des mobilités et de l’intermodalité à La Réunion. L’objectif étant de contribuer à une meilleure connaissance du territoire sur cette thématique afin de disposer d’un outil d’aide à la décision et de prospective territoriale.

Méthodologie de mise en place de l’observatoire des mobilités durables et de l’intermodalité

Cette méthodologie se décline sous forme de propositions qui ont vocation à être soumises aux partenaires de l’observatoire, pour être validées collégialement, et constituer ainsi un socle commun.

Dans ce cadre, la mise en place de l’Observatoire permettra de :

●      Définir la gouvernance

●      Définir les données et les modalités de collecte

●      Détailler les thématiques et la fréquence des publications de l’observatoire

●      Définir les modalités de stockage, de gestion et de recollement des données de l’Observatoire

●      Définir les besoins de financement

Des bases de données sur l’EDGT et le SRIT

Afin d’analyser, de qualifier et de quantifier le plus finement possible les déplacements et pratiques de mobilité sur le territoire, les données de l’observatoire se base à la fois sur :

  • Les indicateurs historiquement recollés par l’observatoire entre 1999 et 2009
  • Le socle de données fournis par l’Enquête Déplacement Grand Territoire réalisée en 2016
  • Les indicateurs de suivi du Schéma Régional des Infrastructures et des Transports depuis 2013
  • Les bases de données du Syndicat Mixte des Transports à La Réunion issues des données d’exploitations des réseaux de transports en commun

L’ensemble de ces bases constitue le socle commun indispensable aux futures analyses et expertises qui seront menées par l’observatoire des mobilités durables et de l’intermodalité.

Des outils de communication et d’aide à la décision

Afin de sensibiliser et informer l’ensemble des acteurs publics de la mobilité ou encore le grand public sur la thématique des déplacements sur le territoire réunionnais, la valorisation des données se fera via le site internet de l’AGORAH. Cela permettra la diffusion des différents rapports produits ainsi que la consultation dynamique des données produites par l’observatoire.

Les infrastructures routières

Les infrastructures routières continuent de se développer au profit de la voiture individuelle. Au cours des 20 dernières années, les investissements entrepris ont servi à améliorer et structurer considérablement le réseau routier. Cette étape fut indispensable bien qu’elle n’ait pas entrainé un développement significatif des transports en commun. Entre 1995 et 2016 le réseau routier a évolué de la manière suivante :

Composante du réseau routier

  • 1995
  • 2016
  • Routes Nationales
  • 354 km dont 50 en 2*2 voies
  • 393,3 dont 143 km en 2*2 voies

Routes Départementales

  • 753 km
  • 722 km

Routes Communales

  • 1 630 km
  • 2 345 km

Le tableau ci-dessous permet de visualiser les différentes évolutions intervenues au cours des 20 dernières années avec un accroissement moyen de 17,8% sur l’ensemble du réseau. Cela s’explique du fait de la modernisation du réseau par le changement de destination des routes passant de l’état empierré à bitumé, mais également par la création de nouveaux axes majeurs de circulation à l’instar de la Route des Tamarins ou encore la déviation de Saint – Joseph.

Cette augmentation du linéaire routier n’est pas sans conséquences et est intrinsèquement liée à l’augmentation du nombre de véhicules. En effet, entre 2011 et 2016, les statistiques liées aux véhicules ont connu les variations suivantes :

Statistiques véhicules

  • 2011
  • 2016
  • Evolution

Parc de véhicules

  • 340 794
  • 341 476
  • + 0,2%

Immatriculation Véhicules Neufs

  • 21 087
  • 23 706
  • + 12%

Importation Véhicules Neufs

  • 28 059
  • 34 558
  • + 23%

Les transports collectifs

Bien qu’ayant été significativement amélioré et malgré les efforts entrepris, la part modale des déplacements en transports collectifs reste faible depuis 1995 et s’établit dans les déplacements domicile-travail à 5% des déplacements. Pour l’année 2017, cette valeur est de 5,5%.

Ainsi, selon l’INSEE, les déplacements domicile-travail ont évolué comme suit :

Aujourd’hui, les transports en commun souffrent d’un déficit d’image du fait d’un manque de lisibilité globale et d’infrastructures dédiées. Seul 0,56% du linéaire de transports en commun est en site propre. Ces derniers se retrouvent donc tributaires de la congestion routière, ne permettant pas ainsi de garantir les temps de parcours et de rendre le transport performant. De plus, la multiplicité des acteurs n’incitent pas les usagers à emprunter les transports en commun, pour des déplacements interurbains du fait d’un manque de correspondance entre les réseaux de transports à la fois urbain et interurbain.

De nouvelles perspectives induites par de nouveaux documents de planification

Au cours des dernières années, le domaine des transports et déplacements sur le territoire réunionnais a accusé une absence de cadres stratégiques d’orientations et de perspective à l’horizon 2030 et de données statistiques permettant de prévoir et de planifier au mieux les mobilités et l’intermodalité.

En ce qui concerne les statistiques, les seules données habituellement utilisées étaient celles de l’INSEE liées notamment aux déplacements domicile travail et au recensement des parts modales. De 1999 à 2009, ces données de l’INSEE venaient en complément des données fournies par l’AGORAH dans le cadre de son observatoire des transports et déplacements.

Un nouvel élan fut impulsé en 2013 par la création du SRIT et au suivi de ses 37 indicateurs permettant d’avoir une vision de l’évolution des déplacements sur le territoire. Aussi, de par la création du SMTR en 2014 et dans le cadre de la réalisation de l’EDGT[1] en 2016, de nouveaux chiffres sont venus étayer et élargir l’ensemble des données à l’échelle régionale, dans les hauts de l’île comme sur le littoral. Ces données détaillées permettent aujourd’hui d’avoir une connaissance fine des déplacements à La Réunion.

En matière de planification, de nouvelles évolutions législatives (loi NOTRe[2], loi MAPTAM[3]) ont étés opérées et a ainsi confié aux collectivités de nouvelles compétences dans le domaine des transports et déplacements. En ce sens, de nouveaux documents de planification ont émergé comme la planification régionale de l’intermodalité (PRI). Ce document, élaboré à l’échelle régionale, a pour but notamment d’optimiser et d’améliorer les pratiques intermodales sur le territoire afin de disposer d’une vision cohérente entre l’ensemble des modes de transports, et ce, afin d’améliorer globalement les déplacements sur le territoire.

A ce jour, l’observatoire des mobilités durables se base sur l’ensemble de ces données et des évolutions législatives afin d’être le réceptacle unique des connaissances liées à la mobilité sur le territoire réunionnais.

Ainsi, l’ensemble de ces éléments sont intégrés dans le cadre de l’observatoire des mobilités durables et de l’intermodalité afin d’être un outil efficace d’aide à la décision des politiques publiques.

[1] Enquête Déplacement Grand Territoire
[2] Nouvelle Organisation Territoriale de la République
[3] Modernisation de l’action publique territoriale et affirmation des métropoles

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