Observatoire des Risques Naturels (ORN)


La Réunion, île volcanique de l’Océan Indien, est souvent considérée comme un véritable « laboratoire à ciel ouvert » des risques naturels, du fait de ses caractéristiques climatiques, du particularisme de son histoire géologique, et du dynamisme de sa démographie.

Au total, 6 aléas naturels considérés comme « majeurs » en raison de leur fort potentiel d’endommagement sur la sécurité des enjeux (biens et personnes), affectent de manière récurrente ce territoire circonscrit et contraint :

  • Inondations,
  • Mouvements de terrain,
  • Cyclones / tempêtes,
  • Éruptions volcaniques / séismes,
  • Houles / marées de tempête / tsunamis,
  • Feux de forêts.

Face à un tel constat, les politiques publiques locales ont favorisé l’émergence d’actions communes, notamment portés par l’Observatoire des Risques Naturels :
Création d’outils innovants (observation, spatialisation, modélisation)
Engagements significatifs en faveur du développement et de l’entretien d’une « mémoire commune du risque »


La réduction de la vulnérabilité est, du point de vue de la doctrine européenne et nationale, l’un des piliers de la prévention des risques, puisqu’elle vise à protéger les personnes, les biens et les activités des conséquences négatives des phénomènes naturels.

Elle est même de plus en plus présentée comme la principale alternative aux mesures structurelles (actions directes sur les aléas), souvent très difficiles à mettre en œuvre pour des raisons financières, techniques ou politiques. Les fondements réglementaires de cette politique sont les suivants :

  • La Directive Européenne Inondation 2007/60/CE, qui pose la déclinaison de plusieurs dispositifs de gestion emboités : Stratégie Nationale de Gestion du Risque Inondation, Plans de Gestion du Risque Inondation (PGRI) à l’échelle de chaque district hydrographique, Stratégies Locales de Gestion du Risque Inondation (SLGRI) dans les Territoires à Risques Importants (TRI), ces derniers constituants des zones à forte concentration d’enjeux préalablement identifiées dans chaque PGRi.
  • La Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 relative à la modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPAM), qui créée une compétence obligatoire de «gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations» affectée aux communes, avec transfert automatique aux EPCI à fiscalité propre.
  • Les Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRn) : institués par la loi Barnier du 2 février 1995, ils règlementent l’occupation du sol en fonction du degré de gravité des aléas naturels en présence.

Afin d’évaluer cette politique des risques naturels en matière d’aménagement du territoire, la Direction Générale de la Prévention de Risques (DGPR) du Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie, la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) et la Mission des sociétés d’assurance pour la connaissance et la prévention des risques naturels (MRN) ont signé le 3 mai 2012 une convention de partenariat qui fonde l’Observatoire National des Risques Naturels (ONRN). Cet outil a vocation à fonctionner en réseau avec des observatoires locaux, régionaux ou départementaux des risques naturels, dans lequel l’Observatoire des Risques Naturels de La Réunion a toute légitimité.


À La Réunion, les pertes en vies humaines et les dégâts sur les enjeux (habitat, activités et services, infrastructures, réseaux) sont majoritairement imputables à l’aléa cyclonique / tempête tropicale. Ce type d’évènement hydrométéorologique est en effet à l’origine de multiples phénomènes dévastateurs, qu’ils se produisent isolément ou de manière imbriquée :
  • Action combinée des vents forts et de la pluie ;
  • Inondations par débordement de ravine ou ruissellement urbain ;
  • Submersion marine et érosion littorale ;
  • Mouvements de terrain de type glissements liés aux sols détrempés, ou de type éboulements liés à la déstabilisation de berges / pans de versant / falaise.

À ces aléas les plus récurrents et intenses s’ajoutent d’autres phénomènes (volcanisme, sismicité, feux de forêt), qui ont aussi un potentiel d’endommagement des biens et des personnes, sachant que les procédures PPRn ne couvrent que les risques d’inondation et de mouvements de terrain (aléas côtiers : à venir prochainement). Mais au-delà de l’exposition de l’île aux aléas sus-cités, le contexte fonctionnel et socio-économique (insularité, pressions foncières, crise de l’emploi etc.) tend à rendre La Réunion d’autant plus sensible aux risques naturels.
Afin de réduire les risques naturels encourus, dont le risque inondation, une véritable politique de diminution des enjeux et des vulnérabilités qui y sont associées dans les zones les plus exposées, est menée par les acteurs locaux décisionnels et opérationnels. C’est pourquoi l’Observatoire des Risques Naturels de la Réunion a été confié à l’AGORAH, agence d’urbanisme locale compétente en matière d’observation, d’expertise et d’animation au service d’un aménagement durable du territoire.

L’Observatoire des Risques Naturels résulte d’une démarche multi-acteurs (Etat, Région Réunion, etc.). Mis en œuvre depuis mars 2012, il constitue un outil partenarial d’évaluation et d’aide à la décision, un espace privilégié d’échanges et de débat au service des acteurs locaux.
Trois objectifs principaux lui sont ainsi dévolus :

  • Structurer l’observation des risques naturels à travers le temps et l’espace
  • Contribuer au développement d’une véritable culture commune du risque
  • Renforcer la concertation/ mobilisation des acteurs, et la mutualisation des moyens


Les principales réalisations et missions à venir de l’Observatoire des Risques Naturels s’organisent en trois axes d’intervention majeurs :

Améliorer la connaissance et informer sur l’état des risques :

  • Reprise et gestion continue du site internet www.risquesnaturels.re
  • Co-création d’un module cartographique PEIGEO (accès grand public aux données règlementaires des Plans de Prévention des Risques Naturels, à l’échelle parcellaire) ;
  • Contribution à la prise de conscience locale du risque : actions de sensibilisation (partenariat PIROI / AGORAH en cours de montage) ;
  • Création d’un centre de ressources.

Intégrer les risques naturels au sein des politiques d’aménagement :

  • Accompagnement des acteurs institutionnels : suivi des actions du Schéma de Prévention des Risques Naturels (SPRN) et des indicateurs risques naturels du Schéma d’Aménagement Régional (SAR), fiabilisation des données PPR, etc.
  • Appui aux partenaires scientifiques : projets R&D dans le cadre du POE FEDER 2014-2020.

Evaluer et suivre l’évolution des risques naturels et des actions mises en œuvre :

  • Productions : états des lieux, diagnostics, cartographies, grilles d’évaluation, bilans, etc.

Adoptées officiellement lors du premier Comité de Pilotage de l’ORN en octobre 2012, trois types d’instances se partagent la gouvernance de cet outil partenarial placé sous la responsabilité de l’AGORAH :

  • Un Comité de Pilotage, composé des principaux acteurs institutionnels et scientifiques, qui constitue l’organe décisionnel de l’ORN ;
  • Un Comité Technique, au sein duquel se regroupe un éventail élargi de structures publiques, parapubliques ou privées, opérationnelles comme de recherche, intéressées par la gestion des risques naturels et son lien avec l’aménagement du territoire ;
  • Un Secrétariat Technique, comité restreint formé par les principaux partenaires techniques et financiers de l’ORN ayant une fonction d’appui organisationnel.

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